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Trouble anormal de voisinage : définition, recours et solutions

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Maitre albin FABRE

Avocat au barreau de Grasse

Le trouble anormal de voisinage est défini comme toute activité ou comportement d’un propriétaire ou d’un locataire qui dépasse les inconvénients normaux du voisinage,causant ainsi des dommages ou des troubles excessifs au propriétaire ou aux locataires voisins.

Les nuisances normales du voisinage comprennent les bruits de la vie quotidienne, tels que les bruits de pas, les conversations normales, les bruits de circulation, etc. Cependant, lorsque les nuisances  deviennent excessifs et portent atteinte à la qualité de vie des voisins, on parle alors de trouble anormal de voisinage.

Trouble anormal de voisinage

Trouble anormal de voisinage Code civil

La définition précise et les critères permettant de déterminer la trouble anormal de voisinage sont établis par la jurisprudence:

Sur l’article 544 du Code civil, qui énonce le droit de propriété et ses limites. Selon cet article, le propriétaire a le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu’il n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements.

La jurisprudence reconnaît le trouble anormal de voisinage comme une source de responsabilité civile. En d’autres termes, si une personne cause un trouble anormal de voisinage à ses voisins, elle peut être tenue responsable et être contrainte à indemniser les victimes.

La jurisprudence a établi plusieurs critères pour déterminer si un trouble est anormal ou non, notamment la gravité de la perturbation, la fréquence et la durée de l’activité, le caractère inévitable ou non de la perturbation, et l’impact sur la santé et le bien-être des résidents du voisinage.

En cas de litige, la procédure à suivre dépendra de la nature du trouble. Dans certains cas, une simple demande à l’auteur du trouble peut suffire à résoudre le problème. Dans d’autres cas, il peut être nécessaire de recourir à une action en justice pour obtenir une ordonnance du tribunal exigeant que le trouble cesse et/ou que l’auteur du trouble paie des dommages et intérêts.

Les types de troubles anormaux de voisinage

Les troubles anormaux de voisinage peuvent prendre de nombreuses formes. Voici quelques exemples courants:

  1. Nuisances sonores: les bruits excessifs provenant d’instruments de musique, des travaux de construction, des animaux domestiques ou des équipements bruyants peuvent constituer un trouble anormal de voisinage.
  2. Odeurs: les émanations provenant d’une activité professionnelle ou d’un élevage d’animaux peuvent également être considérées comme un trouble anormal de voisinage si elles sont particulièrement gênantes pour les voisins.
  3. Pollution visuelle: l’installation d’un éclairage trop puissant ou de panneaux publicitaires disproportionnés peut causer des dommages aux voisins et est considérée comme un trouble anormal de voisinage.
  4. Constructions illicites: Les constructions non autorisées ou non conformes aux règles d’urbanisme peuvent causer des troubles de voisinage inhabituels.

Troubles anormaux de voisinage liés aux nuisances sonores

Les nuisances sonores font partie des troubles anormaux de voisinage les plus fréquents en France. Ils peuvent être causés par des activités professionnelles, des travaux de construction, des animaux domestiques, des équipements bruyants ou même des comportements personnels (musique forte, soirées nocturnes, etc.).

Pour qu’une nuisance sonore soit considérée comme un trouble anormal de voisinage, elle doit excéder une gêne normale de voisinage et causer un préjudice important à autrui. Ce préjudice peut être matériel (atteinte aux biens) ou immatériel (atteinte au bien-être, à la santé ou à la tranquillité).

Pour lutter contre les nuisances sonores, diverses réglementations locales et nationales fixent des niveaux de bruit autorisés à certaines heures et dans certaines zones. En cas de violation de cette disposition, les voisins lésés pourront engager la responsabilité civile de l’auteur du bruit et obtenir réparation des dommages et intérêts en compensation pour le préjudice subi.

Trouble anormal de voisinage lié aux odeurs

Les odeurs désagréables peuvent également constituer un trouble anormal de voisinage lorsqu’elles dépassent les inconvénients normaux de la vie en communauté et causent un préjudice significatif aux voisins. Ce type de trouble peut résulter de diverses situations, telles que les émanations provenant d’une activité professionnelle, d’un élevage d’animaux, d’un compost mal entretenu, ou encore de la mauvaise gestion des ordures ménagères.

Les activités professionnelles, industrielles ou agricoles susceptibles de générer des odeurs désagréables sont soumises à des réglementations spécifiques pour limiter leur impact sur l’environnement et la qualité de vie des riverains. Ces réglementations peuvent imposer des normes de distance, des limitations d’émissions, ou des mesures d’atténuation des odeurs.

Pour déterminer si une odeur est un trouble anormal de voisinage, plusieurs critères sont pris en compte:

  1. L’intensité de l’odeur: une odeur particulièrement forte ou intolérable peut constituer un trouble anormal.
  2. La fréquence et la durée de l’exposition: les odeurs occasionnelles ou temporaires sont moins susceptibles de causer un préjudice important que celles qui persistent sur une longue période.
  3. La nature de l’odeur: certaines odeurs, comme celles liées à des activités industrielles, peuvent être plus nocives ou gênantes que d’autres.
  4. Le contexte local: la situation géographique, la densité de population et le caractère rural ou urbain du quartier peuvent influencer la perception des odeurs et leur qualification en tant que trouble anormal de voisinage.

Trouble anormal de voisinage lié à la pollution visuelle

La pollution visuelle est un autre type de trouble anormal de voisinage qui peut avoir un impact négatif sur la qualité de vie des riverains. Elle se caractérise par des éléments qui perturbent l’esthétique ou l’harmonie d’un paysage, d’un quartier ou d’un espace public. La pollution visuelle peut résulter de diverses situations, telles que l’installation d’un dispositif lumineux trop puissant, d’une enseigne publicitaire disproportionnée, de constructions inesthétiques ou non conformes aux règles d’urbanisme.

Les installations et constructions susceptibles de causer de la pollution visuelle sont soumises à des réglementations spécifiques pour limiter leur impact sur l’environnement et la qualité de vie des riverains. Ces réglementations peuvent inclure des normes d’urbanisme, des restrictions sur l’affichage publicitaire, ou des exigences concernant l’éclairage public ou privé.

Pour déterminer si une situation constitue un trouble anormal de voisinage lié à la pollution visuelle, plusieurs critères peuvent être pris en compte:

  1. L’impact sur l’environnement visuel: l’élément perturbateur doit être suffisamment visible et encombrant pour altérer l’harmonie ou l’esthétique du paysage.
  2. La durée et la permanence: un trouble temporaire ou occasionnel est moins susceptible de causer un préjudice important que celui qui persiste sur une longue période.
  3. Le contexte local: la situation géographique, la densité de population et le caractère rural ou urbain du quartier peuvent influencer la perception de la pollution visuelle et sa qualification en tant que trouble anormal de voisinage.
  4. Le préjudice subi: pour être considéré comme un trouble anormal, la pollution visuelle doit causer un préjudice significatif aux riverains, qu’il soit matériel ou immatériel (atteinte à la jouissance du bien, à la tranquillité, etc.).

 

Trouble anormal de voisinage lié à la construction

Les constructions peuvent générer des troubles anormaux de voisinage de différentes manières. Tout d’abord, les travaux de construction eux-mêmes peuvent causer des nuisances sonores ou des vibrations excessives. De plus, la construction d’un bâtiment trop près de la limite de propriété, en violation des règles d’urbanisme, peut également constituer un trouble anormal de voisinage.

Dans ces cas, les voisins lésés peuvent engager la responsabilité civile du constructeur ou du propriétaire du terrain et obtenir des dommages et intérêts en compensation pour le préjudice subi. Ils peuvent également demander au juge de mettre fin au trouble en ordonnant la démolition ou la mise en conformité de la construction.

Comment prouver un trouble du voisinage

Pour prouver un trouble de voisinage, il est nécessaire de rassembler des éléments de preuve solides et tangibles qui attestent de l’existence du trouble et de ses conséquences sur la qualité de vie des personnes concernées. Voici quelques pistes pour y parvenir :

  1. Tenir un journal des événements : il est recommandé de noter les dates et les heures précises auxquelles les troubles ont eu lieu, ainsi que leur nature et leur intensité. Cette chronologie peut servir de base pour une éventuelle action en justice.
  2. Recueillir des témoignages : il peut être utile de recueillir des témoignages de voisins ou d’autres personnes qui ont été témoins des troubles et qui peuvent attester de leur réalité et de leur intensité.
  3. Faire appel à un huissier de justice : un huissier de justice peut être mandaté pour constater les nuisances et dresser un procès-verbal. Ce document peut servir de preuve devant les tribunaux.
  4. Obtenir des certificats médicaux : si les troubles ont des conséquences sur la santé des personnes concernées, il est possible de demander des certificats médicaux qui attestent des préjudices subis.

C’est important de rassembler le maximum de preuves possibles pour appuyer une action en justice, car cela augmentera les chances de succès devant les tribunaux. Il est recommandé de faire appel à un avocat spécialisé en droit de voisinage pour vous aider dans cette démarche.

 Les démarches pour résoudre un trouble anormal de voisinage

Afin de résoudre un trouble anormal de voisinage, il est important de suivre plusieurs étapes pour augmenter vos chances de succès.

La discussion avec le voisin responsable du trouble

Avant de prendre des mesures juridiques, il est recommandé d’établir un dialogue constructif avec le voisin responsable du trouble. Expliquez-lui en détail le problème que vous rencontrez et les conséquences négatives sur votre quotidien. Essayez de rester calme et ouvert à la discussion pour faciliter la résolution du problème.

La médiation ou la conciliation

La médiation ou la conciliation peuvent être des alternatives intéressantes pour résoudre un trouble anormal de voisinage, avant d’envisager une action en justice.

La médiation est un processus de résolution de conflits dans lequel un médiateur impartial et neutre aide les parties à trouver une solution négociée. La médiation peut permettre aux parties de mieux comprendre les préoccupations de chacun et de trouver des solutions qui tiennent compte des intérêts de toutes les parties. La médiation peut être particulièrement utile dans les conflits de voisinage, car elle permet souvent de préserver les relations de voisinage et de trouver des solutions durables qui évitent une procédure judiciaire coûteuse et longue.

La conciliation est un processus similaire à la médiation, mais elle implique l’intervention d’un tiers chargé de trouver une solution négociée entre les parties. Le conciliateur peut être désigné par la mairie, le tribunal, ou encore une association de médiation ou de conciliation. Comme pour la médiation, l’objectif de la conciliation est de trouver une solution amiable au conflit et d’éviter une procédure judiciaire.

 

La lettre de mise en demeure par lettre d’avocat

Si la médiation ou la conciliation échoue, vous pouvez envoyer une lettre de mise en demeure à votre voisin, par l’intermédiaire d’un avocat ou en recommandé avec accusé de réception. Cette lettre doit décrire en détail le trouble anormal de voisinage, les preuves à l’appui et les demandes de réparation. Elle constitue un ultimatum avant de saisir la justice.

une mise en demeure par un avocat est généralement prise plus au sérieux par l’auteur du trouble, car elle montre que les voisins lésés sont déterminés à faire valoir leurs droits et à prendre les mesures nécessaires pour y parvenir. L’intervention d’un avocat montre également que les voisins lésés prennent la situation au sérieux et qu’ils sont prêts à engager des poursuites judiciaires si nécessaire.

Ensuite, une mise en demeure par lettre d’avocat permet de mettre en avant les dispositions légales et réglementaires applicables en matière de troubles de voisinage, ainsi que les obligations des parties concernées. Elle peut également mentionner les conséquences juridiques de la poursuite des troubles et les recours possibles pour les voisins lésés.

Enfin, une mise en demeure par un avocat peut également éviter toute confrontation directe entre les parties concernées et ainsi préserver les relations de voisinage. L’avocat peut agir en tant qu’intermédiaire neutre entre les parties et tenter de trouver une solution amiable au conflit avant que la situation ne s’envenime.

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La procédure judiciaire

La procédure judiciaire pour trouble anormal de voisinage commence généralement par l’envoi d’une mise en demeure à l’auteur du trouble, comme cela a été expliqué précédemment. Si cette mise en demeure n’aboutit pas à une résolution amiable du conflit, il est alors possible d’envisager une action en justice.

Voici les étapes clés d’une procédure judiciaire pour trouble anormal de voisinage :

  1. Saisir le tribunal : la première étape consiste à saisir le tribunal compétent, généralement le tribunal d’instance du lieu de résidence des parties concernées. Le demandeur doit déposer une requête auprès du tribunal, qui sera ensuite notifiée à l’auteur du trouble.
  2. Audience de conciliation : avant l’audience de jugement, le tribunal peut convoquer les parties à une audience de conciliation. Cette audience a pour objectif de tenter de trouver une solution amiable au conflit. Si un accord est trouvé, le juge peut homologuer cet accord et mettre fin à la procédure.
  3. Audience de jugement : si aucune solution amiable n’a été trouvée lors de l’audience de conciliation, une audience de jugement est fixée. Les parties sont invitées à présenter leurs arguments et à fournir des preuves pour appuyer leur demande ou leur défense.
  4. Décision du tribunal : à l’issue de l’audience de jugement, le tribunal rend une décision. Le tribunal peut ordonner la cessation du trouble, assortie éventuellement d’une astreinte, et/ou accorder des dommages et intérêts aux parties lésées.
  5. Exécution de la décision : si l’auteur du trouble ne se conforme pas à la décision du tribunal, les parties lésées peuvent demander l’exécution forcée de la décision, par exemple en demandant la saisie de biens de l’auteur du trouble.

Il est recommandé de faire appel à un avocat en droit civil pour vous accompagner tout au long de la procédure judiciaire. Les coûts d’une telle procédure peuvent être importants, il est donc important de bien peser le pour et le contre avant de décider de l’engager.

 

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